Village de Lachau
Village de Lachau
Vue du chateau et de l'église © Dobeuliou
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Village de Lachau


Les trois « enfants »de Lachau résistants engagés dans la libération du département de la Drôme en 1944

 

 Citation du Général de GAULLE en 1943 :
"La Résistance, c’est-à-dire l’espérance nationale, s’est accrochée sur la pente à deux pôles qui ne cédèrent point. L’une était le tronçon de l’épée, l’autre la pensée française...".

Création des FFI

Le 1er février 1944, le Comité français de libération nationale a créé les Forces Françaises de l’intérieur (FFI) qui regroupaient toutes les formations armées de la Résistance, civiles et militaires, des communistes aux gaullistes en passant par les anciens soldats de l'Armée d'armistice. Mais les Francs-tireurs et partisans français FTPF créés par la direction du parti communiste français ont conservé leur autonomie. Au niveau militaire, l'ensemble des résistants étaient théoriquement regroupés dans les FFI dirigées : 

• à Londres par le général Pierre KOENIG 
• en France par le général Jacques CHABAN-DELMAS. 


Organisation des FFI dans la Drôme

L'organigramme des FFI de la Drôme, soit 46 compagnies à 130 hommes (environ 6 000 résistantes et résistants) est présenté dans le tableau ci-dessous qui précise dans les cadres en couleur gris les unités engagées dans le chaudron de Montélimar d’août 1944 :

► voir l'organigramme des FFI

Les 3 résistants nés Lachau étaient les suivants :

  1. JEAN Marcel né le 29/03/1904 (cultivateur) fils de JEAN Émile (artisan maçon, maire de 1895 à 1905 et de 1910 à 1928 et père de JEAN Louis mort pour la France en 1916) né en 1868 à Lachau et de THIRION Alphonsine née en 1871 à Eygalayes
  2. VITAL Jean Raymond alias VIVANCOS1 (sans profession) fils aîné né le 27/11/1919 fils de VITAL Léon (propriétaire cultivateur) né en 1885 à Lachau et de GOURGEON Mathilde, Amélie née en 1894 à Lachau
  3. BOSCO Émile Julien2 né le 27/10/1917 (cuisinier) dernier enfant de BOSCO Alexandre (hôtelier3) né en 1879 à Marseille et de TRUCHET Marie née en 1878 à Lachau – confer sa photo qui est la dernière de l'article mis sur le site net de la mairie relatif à la remise des évadés à PASCAL René en 2011.

Ces 3 résistants ont été incorporés dans la 7éme compagnie du 4ème bataillon des FFI dans laquelle ont d'ailleurs servi NICOLAS André et PASCAL René résident à Eygalayes, ainsi que ARMAND Fernand et BORDEL Henri morts pour la France – confer l'article sur le site net de la mairie de Lachau concernant ces 2 résistants fusillés par les allemands.

La 7ème compagnie commandée par le Capitaine de réserve BONFILS Claude (1892-1971)4 regroupait des résistants recrutés dans les cantons de Séderon et de Buis-les-Baronnies =

  • 5 officiers,
  • 13 sous-officiers
  • 137 caporaux et soldats.

Leur origine professionnelle était la suivante :

  • 80 % = cultivateurs,
  • 20 % = employés, artisans et fonctionnaires.

► voir le rapport du Capitaine BONFILS

 

La libération de la Drôme

La libération de la Drôme était étroitement liée au débarquement des Alliés en Août 1944 sur les plages de Provence avec notamment comme objectif de déloger les forces d’occupation allemande de Toulon et de Marseille en vue d'utiliser ces ports de grande capacité pour remonter la vallée du Rhône.

L'armée d’occupation était composée notamment :

  • de la 19ème armée allemande (armée de terre) qui était composé de 4 corps d'armée regroupant 13 divisions d'infanterie et une division blindée (entre 10.000 et 20.000 chacune) ;
  • des unités de la marine chargées de la protection des ouvrages d'art maritime et de la lutte contre les résistants ;
  • des unités de l'armée de l'air chargées de la lutte contre les unités parachutées et les résistants ;
  • des unités spéciales (ex = Brandebourg) chargées de la lutte et la répression contre les résistants.

Les unités alliées sous commandement américain (7ème armée américaine) étaient américaines, françaises, britanniques et canadiennes - ♦ confer la carte du débarquement en Provence le 15 août 1944 ci-contre.

Les combats étaient rudes et l’arrière garde de la 19éme armée a effectué sa retraite avec de grandes difficultés – ♦ confer la carte simplifiée de la bataille de Montélimar mettant en évidence les actions offensives alliées ci-contre

Les Alliés ont reçu un appui décisif de la Résistance avec le sabotage des voies ferrées et qui ont harcelé les convois. Aidés par les obstacles naturels que constituent les rivières difficilement franchissables, ils ralentissaient le repli des troupes allemandes et ils occasionnaient de lourdes pertes en personnel et en matériel chez l'ennemi.

Composée d'hommes de terrain, elle a servi de guide – ♦ confer la carte simplifiée de la bataille Montélimar montrant le positionnement de 3 compagnies du 4éme bataillon des FFI dont la 7ème ci-contre.

Les résistants ont saboté les infrastructures telles les routes, les ponts comme celui de Livron dans la nuit du 16 au 17 août 1944 – ♦ confer la photo de ce pont après le sabotage ci-contre

Ce pont qui porte le nom « Commandant Henri Faure » a été détruit par l'équipe de cet officier5 des forces françaises combattantes (FFC), chef de la Section Atterrissage Parachutage (SAP) pour la Drôme et l'Ardèche - ♦ confer la photo de cet officier ci-contre

Peu à peu les villes de la Drôme sont libérées, parfois à l'issue de violents combats : 

• Buis-les-Baronnies, le 21 août 1944 
• Nyons, le 25 août 1944 
• Valréas, le 27 août 1944
• Montélimar, le 28 août 1944 
• Romans, le 30 août 1944 
• Saint-Rambert, le 31 août 1944 
• Valence, préfecture du département, le 31 août 1944. 

Le département est définitivement libéré le 2 septembre 1944.

Les pertes de la 7ème compagnie qui a fait 18 prisonniers les armes à la main, ont été les suivantes =

• le sous-lieutenant MOURAUD Marcel tué le 27/08/1944 à Cliousclat lors d'une mission de reconnaissance 
le caporal ARMAND Fernand tué le 23/08/1944 lors d'une mission de liaison avec le PC du 4ème bataillon entre Marsanne et Montélimar 
le soldat BORDEL Henri tué le 23/08/1944 lors d'une mission de liaison avec le PC du 4ème bataillon entre Marsanne et Montélimar 
• 1 sergent, 1 caporal et 3 soldats blessés. 

C'est ainsi que le 4ème bataillon des FFI (incluant la 7ème compagnie) a été dissous le 12/09/1944 =
• 75 à 80 % des soldats ont demandé leur libération, 
• les officiers et les sous-officiers ont été maintenus en totalité. 

Les effectifs maintenus (incluant les soldats volontaires) ont formé :
• le 3ème bataillon de la Brigade de la Drôme de la 1ère division alpine (Colonel VALETTE D'OSIA) 
• puis 1 bataillon du 159ème régiment d'infanterie alpine en novembre 1944 de la 27ème division alpine (Général MOLLE) intégrée dans le détachement d'armée des Alpes 

 

Conclusion.

En septembre 2024, devrait avoir lieu la cérémonie commémorative du 80ème anniversaire de la Libération de la Drôme.au mémorial de la Résistance à Mirmande.

Le 1er septembre 1944, la 19ème armée Allemande, bloquée dans sa retraite le long de la rivière Drôme, a essuyé à proximité de Mirmande une cuisante défaite face aux forces alliées et aux unités des FFI – ♦ confer la photo de la destruction de matériels allemands sur la RN 7 ci-contre.

Le mémorial de Mirmande a été érigé sur un morceau de terre légué par le Préfet Pierre DE SAINT-PRIX, premier Préfet de la Libération. Le mémorial qui domine la vallée du Rhône est visible depuis la RN 7 et l'autoroute A7, au niveau de l'échangeur de Montélimar-Nord et il a été inauguré le 3 septembre 19956.

D'une hauteur de 16 mètres, le monument :
stylisé, le contour géographique du département, 
• symbolise également la Drôme debout, 
• sous un angle différent, suggère, toujours stylisé, la silhouette d'un fusil-mitrailleur. 

- ♦ confer la photo de ce mémorial lors de la commémoration de 1979 ci-contre.

La conception du Mémorial a été réalisée7 par la Fédération des FFI de la Drôme et financée grâce à l'aide :
• du Conseil départemental de la Drôme, 
• du ministère des Anciens combattants, 
• de vétérans de la Grande-Bretagne et des U.S.A., 
• d'une souscription publique menée dans la Drôme auprès des mairies, 
• de quelques banques et entreprises, 
• et des résistants et de leurs amis. 

Ce monument exprime la reconnaissance envers les combattants assassinés, tués au combat ou morts en déportation et il rend un hommage aux soldats alliés qui ont donné leur vie lors de la libération du département de la Drôme :
• 869 résistants arrêtés, torturés, fusillés ou tués au combat les armes à la main face à l’ennemi ; 
• plus de 500 déportés, gazés ou morts d’épuisement ou de tortures dans les camps de concentration ; 
• 223 soldats américains tués lors de la bataille de Montélimar ; 
• 30 aviateurs alliés de la Royal Air Force et de l’U.S. Air Force abattus dans la Drôme au cours de missions ; 
• 53 martyrs fusillés à Valréas (enclave du Vaucluse dans le département de la Drôme) ;
• 895 Drômois arrêtés dans la Drôme et déportés dont 140 femmes. 

Ce monument contribue à l'enjeu de la préservation et de la passation de la mémoire et ainsi de transmettre aux plus jeunes l’histoire et les valeurs républicaines des hommes et des femmes qui ont défendu le territoire national et ses idéaux.

La paix et l’histoire sont au cœur de l’apprentissage civique des générations futures. Ce sont ces valeurs que les organisateurs de cette cérémonie s’attachent à transmettre à travers cet événement intergénérationnel.

Puisse la commune de Lachau (élues et élus – citoyennes et citoyens – descendantes et descendants de ces résistants) être représentée lors de ce 80ème anniversaire de 2024 au vu des 3 résistants nés à Lachau et de ARMAND Fernand tué au combat dont sa plaque est apposée sur le monument aux morts de Lachau.

C.A.M.

 

1- Miguel GARCIA-VIVANCOS (1895-1972) était un activiste anarcho-syndicaliste espagnol de la Confédération nationale du travail pendant la guerre d'Espagne 1936-1939).

2- Médaille militaire, croix du combattant volontaire de la résistance, médaille de la Résistance, médaille commémorative des opérations de maintien de l'ordre et de sécurité en Algérie.

3- Son père dirigeait le Modern Hôtel situé sur la place centre du village - confer l'article sur les places du village sur le site net de la mairie.

4- Officier qui a fait la guerre 1914-1918 comme sous-lieutenant, puis lieutenant au sein du 10éme bataillon de chasseurs à pied : 4 fois cité avec crois de guerre, 3 fois blessé et chevalier de la Légion d'honneur en 1916. Au titre de la Résistance (1944), il a été cité une fois avec croix de guerre, a reçu la médaille de la Résistance avec rosette. Au vu de ses services militaires, il a été nommé officier de la Légion d'honneur en 1949. Après la guerre, il assure la gestion de la pension « Les Tilleuls » située à Buis-les-Baronnies

5- Le Commandant Henri FAURE (1910-1990) a été nommé chevalier de la Légion d'honneur, il a reçu la médaille de la résistance avec rosette, il a été titulaire de la croix de guerre, il a reçu la Brown Star Medal américaine et il a été membre honoraire de l'Empire britannique.

6- Par Bernard COQUET, préfet de la Drôme, Jean MOUTON, président du Conseil départemental, Guy LOCKTON, consul général de Grande-Bretagne à Lyon, Michel PONIATOWSKI, ancien ministre, parachuté dans la Drôme le 1er août 1944, Jean-Pierre DE LASSUS SAINT-GENIÈS ("LEGRAND"), ancien chef départemental des FFI de la Drôme et en présence des autorités civiles et militaires du département, de très nombreuses associations patriotiques et avec la participation de la Gendarmerie de la Drôme ainsi que des militaires du 1er régiment de Spahis de Valence.

7- La réalisation a été assurée par Pierre TRAVERSIER, architecte à Valence, Yves SENUT, graveur à Valence, Yves MILIAT entrepreneur à Montéléger.

 

 

 

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